Radios associatives - France Bleu : la trève est signée

mercredi 21 novembre 2012

23 juin 2012. Depuis bien longtemps, des tensions sont palpables sur les territoires radiophoniques entre France Bleu et les radios privées locales. La cause de cette mésentente : les clauses d’exclusivité imposées par le réseau local de Radio France aux organisateurs d’évènements. Une "charte de bonne entente entre Radio France et les radios associatives" vient d’être signée avec la volonté de trouver localement la complémentarité entre le service public et les associatives.

Qui n’a jamais vu les grandes banderoles arborant fièrement le logo des locales de Radio France cernant les enceintes des manifestations publiques ? Ce que l’on ne sait pas, c’est que, très souvent, les accords de partenariat contractés entre Radio France et les organisateurs d’évènements engagent ceux-ci à une clause d’exclusivité. Clause qui prive donc les autres radios locales de la possibilité de traiter l’information elles-aussi.

Une concurrence absurde

Cette démarche aux relents commerciaux ne choquerait pas outre mesure si elle ne concernait qu’un secteur marchand concurrentiel. Mais il est vrai que le secteur de l’information est majoritairement devenu cela... Sauf qu’il existe néanmoins un secteur non commercial dans la radio. Un secteur reconnu par la loi comme une continuation du service public : celui des radios associatives. Et de leur côté, la situation était non seulement incompréhensible, mais aussi particulièrement difficile à vivre... Empêchées d’exercer par ceux-là mêmes qui devraient être ses meilleurs partenaires au service des territoires.

La complémentarité entre service public et secteur associatif de communication sociale de proximité semble pourtant naturelle. "A l’origine, le législateur a souhaité une complémentarité « naturelle » sur les territoires entre l’opérateur public et les opérateurs de catégorie A.", écrivait en 2011 Emmanuel Boutterin, président du SNRL, à Jean-Luc Hees, président de Radio France. Mais les pratiques destinées à pouvoir rivaliser avec les radios commerciales se sont aussi retournées contre les associatives.

Charte de bonne entente

En présence de Patrice Gélinet du CSA et de Roland Husson de la DGMIC (Ministère de la Culture), Jean-Luc Hees, Emmanuel Boutterin et Claude Palmer, (président d’honneur de la CNRA) ont signé une charte de bonne entente le 15 juin 2012.

Celle-ci part du constat de cette complémentarité : "les radios locales du réseau France bleu et les radios associatives disposent de missions spécifiques, proches et croisées, notamment en termes de traitement de l’information, de promotion locale, de découverte des talents, de relations avec les collectivités, les acteurs culturels, les acteurs du développement territorial, économique et social."

Convenant qu’"il est souhaitable que les parties remplissent leurs missions dans un esprit de loyauté, de complémentarité ou de partenariat", les signataires ont défini des orientations à suivre dans différents domaines. Ainsi la charte prévoit désormais que les radios associatives et France Bleu s’informeront réciproquement des demandes "d’exclusivité image" dans les manifestations locales de nature publique. Elle encourage la mutualisation de moyens et convient que "la présence du logo et d’une identité visuelle de marque d’une radio associative aux côtés d’une radio de Radio France, et réciproquement, est possible".

Des maillons complémentaires au service des territoires

Elle rappelle aussi ce principe fondamental : "la couverture rédactionnelle d’un évènement faisant l’objet d’un partenariat image est par essence libre, au titre du droit à l’information du public". Toutefois, elle remet aux organisateurs le choix des radios présentes en cas de partenariat comportant une "exclusivité image"...

Malgré ce dernier point que l’on pourrait interpréter comme laissant une porte ouverte aux pratiques par trop maladroites, la signature de cette charte est une avancée pour les radios associatives et pour les acteurs locaux en général. D’une part, cette charte marque symboliquement la volonté de rapprochement et de mise en complémentarité de deux maillons essentiels du paysage radiophonique français au service des citoyens. "Nous avons une mission de communication sociale de proximité qui nous rapproche du secteur public, explique Claude Palmer. Nous sommes un complément du secteur public avec un maillage beaucoup plus fin au niveau local(cité par Satmag.fr)

Des solutions concrètes aux litiges

D’autre part il offre une issue aux radios associatives en situation de conflit avec des stations locales de Radio France : en effet, dernier point de la charte mais pas le moindre, la création d’un comité de suivi commun qui pourra être saisi par toutes les radios concernées localement par ces problématiques. "C’est un pas extrêmement positif, explique Emmanuel Boutterin, cela va permettre maintenant de travailler de manière rationnelle avec Radio France sur ces questions"

Un pas positif de nouveau permis par l’union dans cette signature, du SNRL et de la CNRA, les deux grandes instances de représentation des radios associatives. Certes, comme le rappelle le président du SNRL, "les difficultés ne vont pas disparaître du jour au lendemain", mais on peut dores et déjà saluer la volonté exprimée à travers cet accord d’un travail partenarial au service de l’intérêt général.

Thierry Borde

Document : La charte de bonne entente entre Radio France et les radios associatives.

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