Passer au numérique, pourquoi ? et surtout, comment ?

lundi 26 mai 2008 par Webmaster Crancra

CRANC-RA Passer au numérique, pourquoi ? et surtout, comment ?

Les enjeux d’un choix à faire par nos radios.
Après le choix technique du T-DMB par le gouvernement (5 décembre 2007) et le lancement de l’appel à candidatures pour la phase 1 par le CSA en février 2008, qui concerne uniquement les radios de Lyon et de sa zone de diffusion, incluant Villefranche et Vienne, le passage au numérique est engagé.
Nos radios sont mises devant le fait accompli et si des luttes sont encore possibles, une réalité s’impose. D’ici au 15 juin prochain les radios concernées par la phase nationale 1 doivent choisir de déposer ou non un dossier de candidature.

Tout en poursuivant le débat et l’action avec les différentes composantes de notre secteur (voir lettre commune SNRL-CNRA-Ferarock), la CRANC-RA se doit de fournir à chacune des radios des éléments de réflexion pour les amener à faire le « bon choix ».

Eléments d’information générale
Suite aux différents contacts pris ces dernières semaines et notamment la réunion d’information organisée par TDF à destination de toutes les radios (associatives et commerciales) le 13 mai dernier au Château de St-Pries, il s’avère que le passage au numérique va générer des nouvelles contraintes qui sont les suivantes :

1- Obligation de passer par un diffuseur spécialisé dont le choix appartiendra au seul CSA qui lui confiera la diffusion de tel ou tel multiplexeur.

2- Nécessité d’un regroupement de radios par groupe de 9 (ou un peu plus ou un peu moins selon la qualité de diffusion du son et des données associées souhaitées par les radios) au sein d’un même multiplexeur.
La gestion de ce multiplexeur pourra se faire soit par le regroupement de radios ainsi opéré entre elles, soit par un tiers qui facturera ce service de gestion. En toute hypothèse les 9 bénéficiaires réunis seront solidaires de l’attribution et des coûts de fonctionnement afférents. En cas de défaillance de l’une des radios, le CSA devra désigner un nouveau candidat mais, dans l’attente, les frais de fonctionnement seront à assumer solidairement par les restantes ! D’ores et déjà VDL s’est mis sur les rangs pour créer une filiale spécialisée pour organiser ce service. TDF devrait faire de même. Certaines radios associatives non commerciales, comme à Nantes, se sont organisées entre elles pour créer un outil spécialisé pour le multiplexage. Le coût estimé par VDL pour un dispositif complet de multiplexage est de l’ordre de 200 000 € TTC d’équipement (frais de maintenance/an non chiffré).

Quelques suggestions peuvent être apportées au débat entamé par nos organisations nationales

Les 400 radios non commerciales ne pourraient-elles pas envisager de mutualiser, au plan national, le risque de défaillance de l’une d’entre elles, permettant ainsi d’inciter la création d’un (ou plusieurs) opérateurs propres ?
Un rapprochement autorisant de marier notre force de réseau et le savoir technique d’un opérateur n’est-il pas à envisager ?
Un regroupement avec les radios du service public, marquant notre appartenance à sa logique, ne devrait-il pas être recherché ?
Autant de questions sans réponses, et de pistes qu’il faudra explorer dès que possible afin d’avancer dans notre démarche.

3- Contrainte de procéder à un encodage des sons produits par la radio, soit au studio, soit au lieu de multiplexage. Cet encodage nécessite l’achat d’un matériel spécialisé (coût catalogue VDL 17 400 € HT) ou l’achat d’une prestation d’encodage avec mise à disposition du matériel par le prestataire.

4- Coût de transport de l’information déjà encodée (encodage au studio) ou à encoder (cas de l’encodage au multiplexeur) sera aussi à supporter par la radio. Ce coût sera moindre pour un transport par ADSL avec des risques de microcoupures, plus élevé par SDSL (préconisé par TDF) et cher par TMS seule technique bidirectionnelle permettant une interactivité avec l’auditeur si son récepteur l’y autorise.

Pour l’allotissement de Lyon le CSA a fixé à 5 le nombre total de multiplexeurs autorisés soit à 45 le maximum de radios éligibles pour le présent appel d’offre. Le service public en demande déjà 7.
Il semblerait que des avancées techniques et des libérations de fréquences permettront, plus tard, de nouvelles attributions (libération des ondes par Canal Plus d’ici 2011) mais les candidats commerciaux sont nombreux. Le CSA est donc placé face à une contradiction :

- il annonce, d’une part, vouloir favoriser les radios ayant une vocation à couvrir l’ensemble d’un même allotissement,
- il s’est engagé d’autre part à préserver le PAF actuel et à le reproduire dans le numérique notamment pour la place occupée par nos radios associatives à implantation très locale. Comment se fera l’arbitrage si la place manque ?

Conséquences du choix à faire pour les radios concernées (phase 1)

Le passage au numérique oblige à :

- une prise de décision interne dès à présent pour un dépôt de dossier au plus tard le 16 juin 2008, l’appel pour la phase 2 (Grenoble ) devant être lancé vers juillet 2008 pour des réponses en octobre 2008

- un rapprochement obligé immédiat de toutes les radios candidates avec l’un des opérateurs chargé de la diffusion (trois identifiés à ce jour : TDF -VDL -Towercast) pour disposer des données techniques exigées pour le dépôt du dossier. Le choix définitif de l’opérateur ne dépendra pas de la radio, car c’est le CSA qui attribuera les lots, mais il sera parfois possible de choisir le diffuseur. Dans d’autre cas l’attribution du CSA s’imposera aux radios concernées.

Au démarrage de la mise en place, la combinaison entre un faible nombre de fréquences disponibles et les contraintes techniques du CSA de réunir 9 radios maximum par multiplexeur obligeront à des regroupements imposant la règle du « qui peut le plus peut le moins ». Par exemple l’allotissement de Lyon comprenant trois grands zones (Villefranche s/Saône - agglo Lyon - Vienne), les futurs gestionnaires de multiplexeurs vont prévoir des modalités adaptées à la diffusion sur l’ensemble des 3 zones : radio Caladede Villefranche pourrait donc si elle le souhaitait, être entendue jusqu’à Vienne, mais serait contrainte d’en assumer le coût. Cette diffusion large exige des capacités d’émission (site émetteurs) pour chaque zone (et pour certaines zones comme Lyon agglo 2 à 3 émetteurs) Il existera donc des émetteurs (un par opérateur) spécialisés pour une seule zone (Villefranche s/Saône ou Vienne). Avec le temps, notamment après 2011 (où Canal Plus doit rendre des canaux qui lui sont actuellement réservés) et du fait des améliorations techniques attendues, des possibilités supplémentaires devraient être offertes pour de nouveaux candidats. Il ne serait donc pas impossible alors théoriquement que 9 radios voulant diffuser sur une seule zone se regroupent pour un multiplexage limité à une seule zone. Les coûts de diffusion pourraient alors diminuer notablement, mais les places ne sont pas garanties !

- un engagement à émettre en numérique dès que les conditions juridiques et techniques seront réunies ce que le CSA estime pour la phase 1 vers septembre 2009. Les coûts prévisionnels sont donc à budgéter aussitôt.

- au plan financier : Au-delà des frais de diffusion (fourchette entre 10 000 à 15 000 €/an TTC par radio en moyenne, selon TDF pour une zone à un seul émetteur comme Vienne ou Villefranche, les zones comme celle de Lyon, avec deux émetteurs étant plus chères) vont s’ajouter des frais d’encodage (entre 2 800 à 3 600 € /an TTC) et des frais de transport : montant à préciser selon technique ADSL, SDSL, TMS.... Le budget de fonctionnement va s’alourdir de 15 à 20 000 €/an au moins pour une à deux années, les acteurs s’accordant sur une baisse potentielle (10 à 30% ?) à partir du moment où le numérique se développera.

Si certaines radios disposent de fonds propres ou de capacité de financements ou d’investissements, certains coûts de fonctionnement pourraient être avantageusement remplacés par des amortissements sur achats, les subventions FSER et Région cumulées allégeant sensiblement la facture. Cela suppose de ne pas avoir d’autres financements d’investissements à assurer, les limites actuelles des plafonnements étant atteintes du seul fait de l’achat d’un encodeur. Le calcul est à faire au cas par cas et en fonction des possibilités de chacun.
Le numérique va autoriser une diffusion à la fois audio mais aussi vidéo, pour des données associées de type images fixes notamment. La diffusion sera un package fixé par le CSA en moyenne à 128 Kbits par radio avec un minimum de 72 et un maximum de 160 Kbits. En sachant que techniquement l’ « encapsulage » audio+vidéo conduit à des déperditions techniques, TDF propose des exemples de répartitions dans le tableau indicatif suivant :

Audio : 24 28 56 56 64 96
Vidéo : 13 05 00 30 21 16
Tot service : 72 72 96 128 128 160

Des essais montrent que pour une oreille moyenne la bonne qualité FM correspond à 56Kbs en audio et une bonne qualité visuelle à 30 Kbs.
Le prix d’abonnement pour diffusion sera proportionnel au total service.
Ces éléments sont donnés à titre indicatif et TDF s’est engagée à nous faire parvenir le double de sa présentation vidéo que nous vous transmettrons dès que possible. Il est nécessaire de croiser toutes les infos disponibles afin d’affiner les approches.

La mise en œuvre des capacités vidéos nécessitera une mobilisation bénévole et/ou du temps salarié complémentaire pour faire vivre cette dimension et les potentialités qu’elle offre. Les coûts liés sont à prévoir eux aussi.

En conclusion, il est important que chaque radio fasse le point de sa propre stratégie de diffusion.
En effet, et à titre d’exemples volontairement caricaturaux :

- pour une radio qui serait essentiellement tournée vers un auditoire senior et gérée par un CA de sexagénaire, le passage au numérique n’apparaît pas comme une nécessité immédiate et la durée prévue de survie de la FM (au moins 20 ans encore, selon TDF) lui laisse la possibilité de poursuivre sur sa trajectoire actuelle,

- pour une radio voulant s’adresser prioritairement à des auditeurs 15-25 ans (ce qui est le cœur de cible que visent les promoteurs du T-DMB) il est certain qu’une réflexion stratégique s’impose d’urgence pour ne pas « rater le coche » et prendre place dès à présent dans l’opération.

Dans tous les cas, il est certain que les radios qui s’engageront dans le processus de passage au numérique ne devront pas le faire « à reculons », contraintes et forcées, mais de manière volontaire pour tirer de cette nouvelle technique de diffusion toutes les capacités qu’elle présente.

Elles pourront compter sur l’aide de la CRANC-RA pour réfléchir ensemble à ces utilisations et nous devrons nous organiser au mieux pour obtenir les aides techniques et financières nécessaires permettant de faire face à ce passage.

Document réalisé par : Jean-Noël Chassé - Patrice Berger - Eric Labaj - Véronique Boulieu sur la base des différentes informations recueillies dans les diverses réunions et documents diffusés sur le passage au numérique.

Si vous constatez des erreurs ou si vous avez d’autres informations, merci de nous les communiquer...


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